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Les biais cognitifs

Les biais cognitifs

03/12/2014

Si vous êtes recruteur ou êtes amené de temps à autre à prendre cette position, peut-être vous êtes-vous déjà laissé happé par certains processus mentaux qui affectent votre vision de la réalité et vous poussent ainsi parfois à prendre de mauvaises décisions ?

Le terme « Biais » fait référence à une déviation systématique par rapport à une pensée considérée comme correcte. Un biais cognitif est donc un schéma de pensée, cause de déviation du jugement. Attentionnels, mnésiques, de jugement, de raisonnement, les biais sont nombreux ! Mais alors quels sont ceux qu’il vaudrait mieux éviter en situation de recrutement ?

Le biais de confirmation : renforcer ses convictions
Avez-vous remarqué que lorsque nous effectuons une recherche, nous essayons tout d’abord par-là de confirmer nos hypothèses ? Il est effectivement plus aisé de suivre un discours auquel nous adhérons plutôt que d’adopter un point de vue différent. Il ne faut pourtant pas négliger de se poser des questions autres, allant dans le sens contraire de nos présupposés. Il en est de même lors d’un recrutement. N’oubliez pas de prendre en compte les signes qui vont à l’encontre de vos convictions et ainsi à poser des questions en ce sens…

La perception sélective : votre histoire personnelle
En fonction de notre histoire personnelle, de nos intérêts, de nos attitudes ou de notre expérience, nous percevons les informations différemment. Naturellement, en situation de recrutement, vous allez donc avoir tendance à davantage vous intéresser aux sujets qui sont en rapport avec vous, plutôt qu’avec le poste… Ne perdez pas l’objectif de vue !

Le biais de stéréotype : prendre du recul
« Il a fait telle école ou travaillé dans telle entreprise, il doit donc être comme ceci ou cela » Et non, pas forcément. Attention aux stéréotypes qui sont tenaces ! Le candidat ne correspond peut-être pas au moule que vous imaginez…

L’ancrage : le détail « qui tue »
« Il est arrivé en retard à l’entretien, c’est une personne qui sera tout le temps en retard ». Nous avons tendance à nous focaliser sur une information pour prendre une décision plutôt que de prendre l’ensemble des informations en compte dans le processus. Evaluez tous les critères et n’oubliez pas de replacer le « détail » dans son contexte.

L’effet Dunning-Kruger : moins on en a, plus on l’étale
C’est de David Dunning et Justin Kruger que nous vient cette découverte. En observant une compétence présente en chacun, à des degrés divers, ils firent cette hypothèse :

  1. 1. La personne incompétente tend à surestimer son niveau de compétence
    2. La personne incompétente ne parvient pas à reconnaitre la compétence de ceux qui la possèdent véritablement
    3. La personne incompétente ne parvient pas à se rendre compte de son degré d’incompétence
    Si un entrainement de ces personnes mène à une amélioration significative de leur compétence, elles pourront alors reconnaitre et accepter leurs lacunes antérieures
Pour résumer, les moins compétents auront tendance à surestimer leurs capacités alors que les plus compétents auront la tendance inverse. Il est donc important pour le recruteur de rechercher la réalité des compétences du candidat…

Le billet de l’entomologiste : savoir-faire ET savoir-être
De la compétence technique, oui mais pas que ! Le billet de l’entomologiste désigne le fait de ne juger que les compétences techniques et ainsi d’occulter la personnalité et le savoir-être du candidat.

Le biais de disponibilité : décision hâtive
Qui n’a pas pris de décision hâtivement sans attendre de disposer de tous les éléments ? C’est le biais de disponibilité.  Attention donc à ne pas brusquer la prise de décision, attendez de posséder toutes les données !

L’effet de primauté : mémoire sélective  
Finalement, il s’agit toujours de ne pas omettre toutes les informations dans le processus de décision. En effet, ce biais mnésique fait que vous aurez plus de facilité à vous remémorer les premières ou les dernières informations accessibles chez le candidat.

Enfin, il existe un biais appelé « l’angle mort » qui nous pousse à croire que nous ne sommes pas du tout sensibles aux biais cognitifs. Ces biais sont pour la plupart inconscients et nous permettent de prendre des décisions justes et rapides. Avoir conscience de l’existence de ceux-ci vous permettra cependant de rester vigilant et attentifs dans vos analyses et donc dans vos décisions.

Image : Hey Paul Studios