[ L'Interview Première Fois n°18 ] D'une page blanche à une startup présente dans 19 pays : le parcours d’Émilie, entrepreneuse qui ose

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Dans ce dix-huitième épisode, Hervé Van Rijn interviewe Émilie Brossier, co-fondatrice d’Ekoo : la startup qui donne la voix aux marques !

Transformer ses failles en force : le parcours audacieux d’Émilie Brossier, co-fondatrice d’Ekoo

Il y a des parcours qui ne ressemblent à aucun manuel de l’entrepreneur. Celui d’Émilie Brossier en fait partie.

Tout commence par une étiquette dont elle aurait pu se contenter toute sa vie : ancienne cancre. Un système scolaire qui ne lui convenait pas, des notes en dents de scie, une université rejointe presque par hasard. Mais derrière cette façade d’élève ordinaire, quelque chose brûlait : une curiosité insatiable, une énergie créatrice, et cette conviction que si elle restait là où elle était, il ne se passerait rien.

Alors elle part. Du Limousin vers Paris. De l’université vers une école de commerce qu’elle finance elle-même, en faisant des animations commerciales en grande surface. C’est là qu’elle apprend ce que les grandes écoles n’enseignent pas vraiment : la valeur de chaque centime, l’art de s’adapter à n’importe quel interlocuteur et le plaisir simple de se débrouiller seule.

Paris lui ouvre les yeux sur autre chose : la diversité, le collectif, la stimulation intellectuelle. Et puis Lille, où elle arrive en faisant la grimace, en se disant que trois ans maximum et elle repart. Ça fait plus de vingt ans. Le Nord l’a conquise.

C’est chez Zôdio qu’elle rencontre Johann. D’abord son chef. Ensuite son binôme naturel, celui avec qui les idées deviennent meilleures, les projets plus solides, les journées plus légères. Ils sont radicalement différents l’un de l’autre et c’est exactement pour ça que ça fonctionne. La confiance s’installe. Le plaisir de construire ensemble aussi. Une graine est plantée. Elle mettra quelques années à éclore.

Quand elle quitte Zôdio pour se lancer à son compte, Émilie ne parle pas de liberté. Elle parle de plaisir. Cette nuance dit tout sur sa vision de l’entrepreneuriat et sur ce qui la distingue de beaucoup d’autres. Chaque année, entre Noël et Nouvel An, elle pose la même question à Johann : est-ce qu’on prend encore du plaisir ? Si la réponse hésite, tout est à revoir. C’est aussi simple et aussi exigeant que ça.

Les débuts sont rudes. Une cave. Un salaire divisé par quatre. Le regard imaginaire des anciens collègues qui diraient “courage les gars”. Et pourtant une euphorie inattendue. Celle de réécrire sa vie depuis zéro. De n’avoir aucune page écrite d’avance. De rajeunir, en quelque sorte.

L’idée d’Ekoo, elle ne tombe pas du ciel un matin de génie. Elle arrive un soir ordinaire, en jogging dans un canapé, après une séance de sport. Émilie écoute un podcast sur le vin, a envie de commander une bouteille, tombe sur une fiche produit froide et sans âme et là, d’un seul coup, toutes les pièces du puzzle se réunissent. Pourquoi ne pas écouter l’histoire d’un produit plutôt que de lire un pavé de texte que personne ne lit vraiment ?

Elle cherche si quelqu’un y a déjà pensé. En français. En anglais. Rien. La première graine d’Ekoo est plantée.

Ce qui suit, c’est une leçon d’humilité et de méthode. Pas de tech, pas de financement, pas de produit fini, juste un PowerPoint et une règle simple : rencontrer des gens brillants, partager la vision sans rien vendre et repartir à chaque fois avec trois nouveaux contacts. Au bout du quatrième rendez-vous, le directeur du Furet du Nord lui dit qu’il veut être son premier client. Elle rentre chez elle ce soir-là avec des étoiles dans les yeux et une montagne devant elle dont elle ne mesure pas encore l’ampleur.

Avec les grands comptes, elle apprend une autre leçon, contre-intuitive mais décisive : donner avant de recevoir. Des maquettes préparées sans garantie de signature. Des tests de sécurité qui mobilisent son CTO pendant des jours. Du temps, de l’énergie, de la confiance investis avant même que le contrat existe. C’est ça qui crée la brèche. C’est ça qui ouvre les portes de LVMH, L’Oréal, la BNP.

Et les échecs dans tout ça ?

Émilie n’en parle pas comme d’une honte. Elle en parle comme d’un outil. À chaque fois que quelque chose ne marche pas, elle et Johann se posent la même question : qu’est-ce qu’on a mal fait ? Pas pour culpabiliser. Pour comprendre. Pour progresser. Pour que l’échec suivant soit moins coûteux et l’apprentissage suivant plus rapide.

Une conviction l’a libérée de la peur du regard des autres : les gens oublient vite. Si elle se plante, le monde continue de tourner. La plupart ne le remarqueront même pas. Le risque est une affaire entre soi et soi et cette idée simple a tout changé dans sa façon d’oser.

Aujourd’hui, Ekoo c’est plus de 60 clients dans 19 pays. Des ambassadeurs de Tag Heuer qui racontent leurs montres en audio. Des capsules sonores sur Chronodrive. Des partenariats avec les plus grands groupes français et internationaux. Une startup née d’une soirée canapé, construite depuis une cave, portée par deux associés qui rigolent encore ensemble tous les jours.

Dans cet épisode de l’Interview Première Fois, Émilie Brossier raconte tout ça avec une franchise rare et une énergie communicative. Elle parle aux entrepreneurs qui doutent, aux femmes qui hésitent à se lancer et à tous ceux qui cherchent une raison de croire que leurs failles peuvent devenir leur plus grande force.

Ce que vous construisez aujourd’hui, même imparfaitement, même lentement, prépare ce qui vient. Rien ne se perd. Tout se transforme.

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Qui est Émilie Brossier ?

Émilie Brossier est la co-fondatrice d’Ekoo, la plateforme qui donne littéralement la voix au commerce en permettant aux marques de raconter leurs produits par l’audio et à leurs clients de laisser des avis vocaux authentiques. Après une première vie professionnelle dans de grands groupes et une expérience fondatrice chez Zôdio, elle se lance dans l’entrepreneuriat avec son associé Johann. Résultat aujourd’hui : plus de 60 clients dans 19 pays, des partenariats avec LVMH, L’Oréal et la BNP… Et la conviction profonde que l’échec est un outil, pas une honte !

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