[ Shot RH n°11 ] IA au travail : comment (re)prendre sa place ?

Regardez la vidéo du Shot RH sur l’intelligence artificielle !

Dans ce onzième épisode, Clémentine Crokaert reçoit Camille Dillies, Chief Digital Officer et formateur IA chez RH Performances !

 

Il y a un mot qui revient dans presque toutes les conversations sur l’intelligence artificielle. Un petit mot de trois lettres qui dit beaucoup sur l’état d’esprit des entreprises face à ce sujet. Ce mot, c’est “après”.

On s’y mettra après. On verra après. On attendra que ça se stabilise. Que les outils soient plus matures. Que les autres aient essayé en premier. Sauf que pendant qu’on attend, l’IA s’installe. Dans les messageries, dans les outils du quotidien, dans les façons de travailler. Elle n’a pas attendu qu’on soit prêts.

C’est le constat que fait Camille Dillies au quotidien. Chief Digital Officer chez RH Performances, il accompagne des équipes sur les transformations liées à l’intelligence artificielle depuis plusieurs années. Et ce qu’il observe sur le terrain est à la fois plus nuancé et plus humain que ce qu’on lit dans les médias.

Parce que face à l’IA, les réactions ne se résument pas à un clivage simple entre ceux qui adhèrent et ceux qui résistent. Il y a trois profils. Les enthousiastes, qui explorent, testent, cherchent à comprendre. Les réfractaires, qui temporisent et préfèrent regarder de loin. Et surtout les spectateurs. Ceux qui attendent. Qui ne sont ni contre, ni pour. Qui laissent les choses venir à eux. Et ce sont précisément eux qui déterminent si une transformation IA réussit ou s’enlise dans une entreprise.

Sur la question des générations, Camille bouscule les idées reçues. Oui, les digital natives sont plus à l’aise avec les outils. Mais quand il s’agit de donner des instructions précises à une IA, de formuler un contexte riche, de poser les bonnes questions, les profils seniors reprennent souvent la main. Leur expertise métier, leur capacité à voir un problème différemment, leur finesse dans la formulation font toute la différence.

Les meilleurs résultats viennent du travail collectif, quand les deux générations avancent ensemble. L’IA n’est pas une affaire de jeunes. C’est une affaire d’équipe.

La crainte la plus répandue, celle que Camille entend dans presque chaque formation, c’est : “l’IA va me remplacer“.

Il y répond sans détour. Non, l’IA n’a pas vocation à remplacer les humains. Oui, certains intitulés de postes vont évoluer, certains vont disparaître. Mais ça a toujours été le cas lors des grandes transformations : la machine à vapeur, l’électrification, l’informatique. Aucune n’a détruit l’emploi. Toutes l’ont fait évoluer. L’IA s’inscrit dans la même logique. Ce qui change, c’est la vitesse. Et c’est précisément pour ça que l’accompagnement n’est pas une option.

Derrière la peur de la suppression de poste, il y a souvent quelque chose de plus profond.

Un trouble identitaire. Si c’est l’IA qui produit, est-ce que je produis encore vraiment ? Est-ce que j’ai encore de la valeur ? Ces questions-là ne se traitent pas en formation collective. Elles se traitent en one-to-one, dans l’échange individuel, en prenant le temps de comprendre ce qui bloque vraiment chez chaque personne. Et en aidant chacun à trouver le sens de ce changement pour lui, dans son métier, dans son quotidien.

Pour embarquer les équipes durablement, Camille défend une approche simple dans sa logique, mais rigoureuse dans son exécution. D’abord, un outil commun pour tout le monde : un socle partagé qui met tout le monde au même niveau de départ. Ensuite, des ambassadeurs dans chaque pôle de l’entreprise : pas des experts, mais des facilitateurs capables de créer de l’enthousiasme et de parler le même langage que leurs collègues. Et enfin, des espaces de parole libérée : des ateliers, des bootcamps, des moments où les doutes, les frustrations et les réflexions peuvent s’exprimer sans être jugés.

Parce que l’IA soulève des questions profondes sur le sens du travail et la place de l’humain. Ces questions ont besoin d’être dites à voix haute pour que la transformation avance vraiment.

Le train est encore en gare. Mais il ne va pas attendre éternellement !

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Qui est Camille Dillies ?

Camille est Chief Digital Officer chez RH Performances. Il pilote les sujets de transformation digitale et d’intelligence artificielle en interne comme auprès des entreprises que RH Performances accompagne. Passionné par les innovations qui changent concrètement la façon de travailler, il a traversé plusieurs vagues de transformation numérique et en a tiré une conviction forte : la technologie ne vaut quelque chose que si les humains sont embarqués avec elle. Sur le terrain, il forme, sensibilise, accompagne. Pour Camille, l’IA n’est pas une menace à gérer. C’est une opportunité à saisir collectivement.

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