Communication Non-Violente : définition, origine et ce qu’on ne vous dit pas toujours
La communication non-violente (ou CNV pour les initiés) est un processus de communication développé dans les années 1960 par Marshall Rosenberg.
L’objectif de Marshall était simple : créer une façon de communiquer qui favorise la connexion humaine plutôt que l’affrontement.
La bibliothèque des initiatives RH définit la CNV comme étant “un processus de communication efficace et optimal pour s’exprimer de manière claire et précise, tout en étant à l’écoute et attentif aux messages envoyés par notre interlocuteur”.
Alors non, le terme “non-violente” ne désigne pas uniquement l’absence de cris ou d’insultes.
Dans ce contexte, la violence est beaucoup plus subtile : c’est le jugement, l’évaluation, la pression, la culpabilisation… Toutes ces formes de langage qui coupent la relation plutôt que de la nourrir.
La CNV propose un mode de communication fondé sur l’empathie, l’authenticité et la bienveillance mutuelle.
Un peu d’histoire ?
Rosenberg s’est inspiré de sa propre vie pour développer la CNV : il a grandi dans un quartier de Détroit marqué par les tensions raciales et la violence. Cette expérience l’a profondément questionné sur les mécanismes qui poussent les êtres humains à se blesser mutuellement, mais aussi sur ce qui permet à certains de rester dans la bienveillance même dans des situations extrêmes. C’est de cette réflexion qu’est née la CNV.
En France, la CNV a notamment été popularisée par Thomas d’Ansembourg, auteur du best-seller Cessez d’être gentil, soyez vrai, un ouvrage qui a fait entrer la CNV dans le quotidien de millions de Français.
Vous avez des doutes sur l’efficacité de la CNV ? Lisez donc cette anecdote :
- Marshall Rosenberg a passé une grande partie de sa vie à intervenir dans des zones de conflit (Moyen-Orient, Rwanda, Irlande du Nord) pour y faciliter des dialogues entre communautés opposées. La méthode a donc été éprouvée dans des contextes bien plus difficiles que la salle de réunion…
La CNV, c’est une pratique de vie, un élan vers une relation plus authentique à soi et aux autres !
Les 2 symboles de la CNV : Le Chacal et la Girafe
Pour rendre sa méthode accessible et mémorable, Marshall Rosenberg a eu une idée géniale : incarner deux façons de communiquer à travers deux animaux. Ces symboles sont devenus incontournables dans le monde de la CNV.
Le chacal : la voix du jugement
Le chacal représente le mode de communication violente. Comme on vous l’a expliqué, il n’est pas nécessairement agressif en apparence, mais il coupe la relation.
Le langage chacal évalue, compare, diagnostique, exige. Il cherche à avoir raison plutôt qu’à comprendre. Il juge les comportements, attribue des torts et utilise des expressions comme “c’est ta faute“, “tu aurais dû“.
Le chacal n’est pas un personnage malveillant. C’est simplement un mode de communication que nous avons tous pratiqué, dès l’enfance. C’est un langage ordinaire, tellement intégré qu’on ne le remarque plus.
Exemples de langage chacal en entreprise :
- “Tu n’écoutes jamais ce qu’on te dit.”
- “C’est encore raté, comme d’habitude.”
- “Il faut que tu sois plus impliqué.”
- “Je suis déçu de toi.”
La girafe : la voix du cœur

La girafe, elle, est l’animal qui a le plus grand cœur parmi les mammifères terrestres (c’est l’un des faits que Rosenberg aimait rappeler). Elle symbolise une communication qui part du cœur, ancrée dans les besoins et les sentiments, ouverte à l’empathie.
Le langage girafe parle de ce qu’on observe, de ce qu’on ressent, de ce dont on a besoin et de ce qu’on demande. Il ne juge pas, ne compare pas, ne culpabilise pas. Il cherche à relier plutôt qu’à blesser.
Le passage du chacal à la girafe n’est pas naturel au départ…
C’est une pratique qui demande du temps, de la conscience de soi, et souvent… une formation. Chez RH Performances, nous accompagnons les équipes et les managers dans cette transition via nos formations en communication interpersonnelle.
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Pour pratiquer la CNV, il faut d’abord comprendre ses besoins et ses émotions
C’est l’un des points les plus souvent négligés quand on découvre la CNV : avant de maîtriser l’outil, il faut d’abord développer sa capacité à se connaître soi-même. Et ça, ça passe par deux compétences fondamentales : identifier ses émotions et comprendre ses besoins.
Pourquoi c’est si important ?
La CNV repose sur une idée centrale : toute émotion désagréable est le signal qu’un besoin n’est pas nourri. Toute émotion agréable indique qu’un besoin est satisfait.
Nos émotions ne sont pas de simples réactions arbitraires : elles sont des boussoles qui pointent vers ce qui compte vraiment pour nous.
Mais pour les utiliser intelligemment dans notre communication, encore faut-il savoir les nommer précisément.
Dire “je ne me sens pas bien” ou “ça m’agace” est souvent insuffisant. La CNV nous invite à aller plus loin dans la précision émotionnelle.
La liste des émotions : un vocabulaire à (re)découvrir
Chez RH Performances, nous utilisons dans nos formations une liste des émotions structurée en quatre grandes familles :

- COLÈRE : en colère, exaspéré, agacé, contrarié, nerveux, irrité, amer, frustré, impatient, énervé, furieux…
- PEUR : apeuré, angoissé, anxieux, inquiet, effrayé, mal à l’aise, bloqué, dépassé, débordé, perdu, désorienté…
- TRISTESSE : peiné, déprimé, malheureux, découragé, démuni, désespéré, seul, blessé, déçu (par rapport à une attente), abattu…
- JOIE : euphorique, enthousiaste, confiant, serein, inspiré, heureux, détendu, vivant, libre, content, satisfait…
Attention aux évaluations masquées ! Certains termes qui ressemblent à des émotions sont en réalité des jugements sur l’autre déguisés en sentiments :
“Je me sens ignoré”, “je me sens manipulé”, “je me sens incompris” : ce ne sont pas des émotions au sens de la CNV. Ce sont des interprétations qui font porter la responsabilité à l’autre. La CNV nous demande d’aller chercher l’émotion réelle derrière ces interprétations (peur, tristesse, frustration…).
La liste des besoins fondamentaux : au cœur de la pratique CNV
Tout aussi essentielle que la liste des émotions, la liste des besoins fondamentaux est un outil central de la CNV. Marshall Rosenberg considérait que tous les êtres humains partagent les mêmes besoins fondamentaux… Ce qui nous relie profondément les uns aux autres !
Ces besoins se structurent en grandes catégories :
- Survie : abri, repos, alimentation, exercice…
- Sécurité : confiance, harmonie, soutien, réconfort, protection…
- Liberté : autonomie, indépendance, libre arbitre, spontanéité…
- Relationnel : appartenance, empathie, proximité, partage, respect, honnêteté…
- Identité : authenticité, estime de soi, intégrité, accord avec ses valeurs…
- Participation : coopération, co-création, expression, connexion…
- Accomplissement : apprentissage, création, réalisation, inspiration…
- Célébration : reconnaissance, gratitude, contribution, appréciation…
- Sens : comprendre, discernement, unité, transcendance…
Un besoin n’est ni une action ni une demande dirigée vers une personne.
“J’ai besoin que tu m’écoutes” n’est pas un besoin au sens de la CNV, c’est une demande déguisée. Le besoin sous-jacent pourrait être “j’ai besoin d’être considéré” ou “j’ai besoin de connexion“. Cette distinction est fondamentale pour éviter de tomber dans le piège du chacal avec des habits de girafe.
Ces deux listes (émotions et besoins) sont au centre de nos formations en communication interpersonnelle chez RH Performances. Travailler sur ce vocabulaire change profondément la façon dont on se perçoit et dont on perçoit les autres !

