La santé mentale au travail : un enjeu qui nous concerne tous

Et si le plus grand risque pour votre entreprise ne venait pas du marché, ni de la concurrence, mais de l’état mental de vos équipes ?

En France, la santé mentale a été érigée en grande cause nationale en 2025. Et pour cause : entre le stress qui s’accumule en silence, les burn-out qui éclatent sans prévenir et les mal-être qui se cachent derrière un sourire forcé, la santé mentale au travail n’est plus un sujet qu’on peut se permettre d’ignorer.

Dans cet article, nous explorons ce qui se passe vraiment dans nos entreprises, pourquoi ça touche tout le monde, et comment agir concrètement pour en faire un levier de performance durable.

La santé mentale au travail : un enjeu qui nous concerne tous

Qu’est-ce que la santé mentale au travail ?

La santé mentale au travail désigne l’ensemble des éléments qui permettent à un individu de se sentir bien psychologiquement et émotionnellement dans son environnement professionnel. Elle englobe aussi le bien-être, l’engagement et le sentiment que son travail a du sens.

En 2025, la santé mentale a été déclarée grande cause nationale par le gouvernement français. 

Cette mise en avant témoigne d’une prise de conscience collective : les problèmes psychiques (et notamment ceux vécus au travail) ne sont plus un sujet tabou à refouler ou négliger.  Ils sont désormais reconnus comme un facteur majeur d’impact sur la vie professionnelle et personnelle des salariés.

Pour comprendre la santé mentale au travail, il est utile de l’envisager à travers ses piliers fondamentaux :

santé mentale au travail

  • L’autonomie et le sens du travail : chaque salarié a besoin de sentir que ses missions ont de la valeur et qu’il dispose d’une certaine marge de liberté pour les accomplir.
  • La qualité des relations professionnelles : les interactions avec ses collègues, ses managers et sa hiérarchie jouent un rôle central dans le bien-être mental de chacun.
  • La charge de travail et son organisation : une charge excessive ou au contraire insuffisante peut devenir un vecteur de souffrance.
  • La reconnaissance et la valorisation : se sentir reconnu pour ses efforts est un besoin fondamental dans toute situation professionnelle.
  • L’équilibre vie professionnelle / vie personnelle : en France, le droit à la déconnexion est inscrit dans le Code du travail depuis 2017. Il rappelle que la vie hors du bureau compte aussi.

Ces piliers sont autant de domaines où l’entreprise et ses managers peuvent agir pour créer un environnement sain !

 

Pourquoi la santé mentale au travail est-elle devenue un sujet aussi central ? 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 

  • En France, environ 1 salarié sur 4 se déclare en situation de santé mentale dégradée en 2025 (baromètre Qualisocial–Ipsos). 
  • Une étude de 2022 estimait à 2,5 millions le nombre de salariés en burn-out sévère en France (sondage Empreinte Humaine).
  • En 2024, 30% des salariés français déclarent avoir déjà envisagé de quitter leur entreprise pour protéger leur santé mentale (baromètre Teale).
  • Seulement 23% des salariés déclarent bénéficier d’un plan de prévention complet en santé mentale (anticipation, sensibilisation, accompagnement) selon Ipsos.

Ces chiffres illustrent l’ampleur de l’enjeu : la santé mentale n’est plus un domaine secondaire. C’est un pilier de la sécurité au travail.

 

Comment préserver sa santé mentale au travail ?

La santé mentale au travail n’est pas la responsabilité d’une seule personne. Elle se construit à deux niveaux : 

  1. Individuellement, chaque collaborateur peut prendre des actions au quotidien.
  2. Collectivement, l’entreprise et ses managers ont un rôle moteur à jouer dans la mise en place d’un environnement propice au bien-être.

Du côté du collaborateur : quelques actions individuelles

Préserver sa santé mentale au travail commence par des gestes simples, mais souvent négligés :

  • Faire des pauses régulières : même courtes, elles permettent de « réinitialiser » l’état mental et de réduire l’accumulation de stress au cours de la journée.
  • Apprendre à dire « non » : accepter toutes les demandes sans réfléchir est une recette pour l’épuisement. Hiérarchiser ses tâches et reconnaître ses limites est une démarche essentielle pour préserver sa santé.
  • Décomposer les tâches complexes en petits objectifs : quand une mission semble insurmontable, la découper en étapes concrètes permet de retrouver un sentiment de maîtrise et de progression.
  • Valoriser ses réussites : trop souvent, les travailleurs se concentrent sur ce qui ne va pas. Prendre un moment pour reconnaître ses succès contribue à maintenir une bonne estime de soi.
  • Demander et accepter de l’aide : la souffrance au travail se cache parfois derrière la réticence à montrer ses difficultés. Être prêt à demander du soutien à un collègue ou à son manager est un signe de force, pas de faiblesse.

Du côté de l’entreprise : quelques actions collectives et organisationnelles

Les entreprises ont un rôle décisif dans la prévention des risques psychosociaux (RPS). Voici les actions phares qu’elles peuvent mettre en place :

  • Développer une culture managériale bienveillante : les managers sont en première ligne pour créer un environnement où chaque salarié se sent écouté et soutenu. Une formation adaptée leur permet de développer ces compétences.

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  • Évaluer régulièrement le climat social : des outils comme les baromètres internes ou les questionnaires anonymes permettent de mesurer la santé mentale des équipes et d’identifier les signaux d’alerte avant qu’ils ne deviennent des problèmes sérieux.
  • Mettre en place une politique de Qualité de Vie au Travail (QVT) : selon Qualiosocial, les salariés en bonne santé mentale ont 2,4 fois plus de capacité de concentration et 39% d’engagement en plus que ceux en mauvaise santé mentale. Mettre en place une politique de QVCT intègre des actions concrètes en matière de prévention, d’organisation du travail et de sécurité.
  • Proposer des moyens de soutien adaptés : cellules d’écoute, accompagnement par un coaching individuel ou accès à des professionnels de santé… autant de moyens pour accompagner les salariés dans leur vie professionnelle.

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  • Respecter le droit à la déconnexion : garantir que les travailleurs ne sont pas sollicités en dehors de leurs horaires est une obligation légale, mais aussi un signal fort envoyé par l’employeur à ses équipes.

 

Qu’est-ce qui dégrade la santé mentale au travail ?

Plusieurs facteurs peuvent progressivement dégrader la santé mentale au travail. 

Ces facteurs ne sont pas toujours visibles d’un coup, mais ils s’accumulent dans le temps et finissent par provoquer une situation de souffrance. Les chercheurs du INRS (Institut national de recherche et de sécurité) identifient ces facteurs en six grandes catégories. Voici les plus significatifs :

La surcharge de travail

C’est l’un des risques les plus répandus dans le monde du travail. 

Lorsque les délais sont trop courts, les objectifs irréalistes ou les ressources insuffisantes, le stress s’installe rapidement. 

Cette situation conduit souvent à un épuisement professionnel ou burn-out qui nécessite parfois un arrêt de travail prolongé.

La sous-charge de travail (le « bore-out »)

À l’opposé de la surcharge, la sous-charge de travail peut être tout aussi destructrice. Quand un salarié ne trouve plus de tâches stimulantes, il risque de tomber dans un ennui profond qui dégrade son estime de soi et sa motivation.

Les conflits de valeurs

Quand ce qui est demandé au travail entre en conflit avec ses valeurs personnelles ou professionnelles, la souffrance peut être très intense. 

Par exemple, un employeur qui demande à ses salariés de vendre un produit qu’ils considèrent non éthique crée une situation de « brown-out » : une perte de sens progressive.

Le management et les relations professionnelles

Un management bienveillant est un facteur de protection contre les risques psychosociaux. À l’inverse, un management rigide ou toxique peut être à l’origine de harcèlement moral, de tensions constantes et de problèmes relationnels. 

Dans certaines entreprises, le harcèlement sexuel reste également un sujet préoccupant, en particulier parmi les femmes. 

Les managers jouent donc un rôle clé dans la prévention des RPS.

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[ Shot RH n°5 ] Les nouvelles compétences clés du manager moderne

Le management autoritaire, où le succès se mesurait au silence dans l’open space, a définitivement fait son temps. Dans ce nouveau podcast managementAurélie explique comment les pratiques managériales ont évolué face aux nouvelles attentes des collaborateurs… Et quand on parle de collaborateurs, on ne parle pas uniquement de la génération Z mais bien de l’ensemble des professionnels !

À propos de l'auteur·rice

Clémentine Crokaert

Clémentine Crokaert

Les violences au travail

Les violences qu’elles soient internes (entre collègues) ou externes (de la part de clients) représentent un risque majeur pour la santé mentale. 

L’insécurité vis-à-vis de l’avenir

La peur de perdre son emploi, de voir son poste disparaître ou de faire face à une restructuration génère un état d’anxiété chronique qui use dans le temps. 

Cette forme d’insécurité est particulièrement présente dans les entreprises en période de transformation.

 

Santé mentale au travail : quelques signaux à surveiller

Identifier les signaux d’alerte est une démarche cruciale tant pour vous que pour vos collègues. Les risques psychosociaux (RPS) ne se manifestent pas toujours de manière évidente. 

Parfois, ce sont des signaux subtils qui, s’ils sont ignorés, peuvent évoluer vers une situation de mal-être sérieux ou un burn-out.

Voici les signaux principaux identifiés par le INRS et les professionnels de la médecine du travail :

  • Des changements émotionnels ou comportementaux : vous (ou un collègue) devenez plus irritable, nerveux, angoissé ou au contraire vous vous repliez sur vous-même. Les pleurs, l’agressivité ou le retrait social sont des signaux qui ne doivent pas être ignorés.
  • Une baisse de concentration et d’efficacité : les erreurs s’accumulent, les oublis deviennent fréquents, la difficulté à se concentrer sur une tâche devient préoccupante. Ces troubles cognitifs peuvent être les premiers signes d’un épuisement en cours.
  • Des symptômes physiques répétés : maux de tête, douleurs musculaires, insomnies, palpitations… Ces problèmes de santé physique sont souvent le reflet d’une souffrance psychique non exprimée.
  • Une consommation accrue de substances : le besoin de recourir à l’alcool, au tabac, au café ou à d’autres substances pour « tenir le coup » au travail est un signe d’alerte important.
  • Un changement d’appétit : manger beaucoup plus ou beaucoup moins que d’habitude peut aussi indiquer que quelque chose ne va pas sur le plan mental.

Si vous observez ces signaux chez vous ou chez un collègue, la bonne démarche est de ne pas attendre. 

Consultez votre médecin traitant, votre médecin du travail, ou sollicitez les ressources mise en place par votre entreprise. 

À noter : certaines populations sont plus exposées que d’autres à ces risques, notamment les femmes, qui subissent souvent une charge mentale plus forte, ainsi que les jeunes actifs et les salariés en situation précaire. Dans tous les cas, n’hésitez pas à chercher du conseil auprès de professionnels compétents.

 

Le rôle du manager dans la santé mentale au travail

Il y a une vérité qu’on n’ose pas toujours dire dans les entreprises : quand la santé mentale au travail se dégrade, le manager est souvent au cœur du problème. 

Pas forcément par mauvaise volonté mais parce qu’il est celui qui traduit la stratégie en quotidien, celui qui fixe le rythme, celui qui choisit d’écouter ou de détourner le regard.

Dans une équipe, le manager donne le ton : 

  • S’il est lui-même sous pression, stressé ou épuisé, ce ressenti se propage rapidement à ses collaborateurs. 
  • À l’inverse, un manager qui prend soin de lui, qui modélise un équilibre vie professionnelle / vie personnelle sain crée un environnement où les salariés se sentent autorisés à faire de même. 

Le comportement du manager est donc un puissant facteur d’influence sur la santé mentale de toute l’équipe.

La prévention des risques psychosociaux ne relève pas uniquement des services RH ou des médecins du travail. Elle passe aussi et même surtout par les actions quotidiennes des managers :

  • Écouter sans juger : lorsqu’un salarié exprime une difficulté ou un mal-être, la première réaction du manager doit être de l’accueillir sans minimiser. Une simple conversation peut déjouer une situation qui allait vers la souffrance.
  • Gérer la charge de travail : un bon manager ne se limite pas à distribuer les tâches. Il surveille aussi que la charge reste réaliste, qu’aucun collaborateur ne se retrouve en situation d’épuisement sans que personne ne le remarque.
  • Reconnaître les efforts : la reconnaissance n’a pas besoin d’être spectaculaire. Un retour positif après un projet bien mené, un « merci » sincère… Ce sont ces petits gestes qui maintiennent la motivation et le bien-être mental au travail.
  • Créer un espace de dialogue : les problèmes de santé mentale au travail se cachent souvent dans le silence. Un manager qui organise régulièrement des entretiens informels, qui fait de la parole un espace sûr, joue un rôle préventif majeur.
  • Se former pour mieux comprendre : un manager formé à la détection des signaux d’alerte liés aux risques psychosociaux sera en mesure d’intervenir plus rapidement, avant que la situation ne se dégrade.

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On entend parfois que « manager bienveillant » rime avec « manager gentil qui dit oui à tout ». 

Idée reçue !

La bienveillance en management, c’est avant tout de la lucidité : savoir quand pousser, quand freiner, quand écouter, quand protéger. C’est un management dit « 3.0 » ! celui qui place le bien-être et la santé mentale des collaborateurs au même niveau que la performance.

 

Santé mentale au travail et droit du travail : ce que l’employeur doit savoir

La santé mentale au travail ne relève pas uniquement du bon sens ou de la bonne volonté. Elle est aussi une question juridique. 

En France, les obligations de l’employeur en matière de santé mentale sont clairement définies par la loi. Et beaucoup d’entreprises n’en sont pas encore pleinement conscientes.

L’obligation générale de sécurité : un pilier du Code du travail

L’article L. 4121-1 du Code du travail impose à l’employeur une obligation générale de sécurité : il doit veiller à la santé physique et mentale de ses salariés et prendre les mesures nécessaires pour garantir leur sécurité. 

Cette obligation ne se limite pas aux risques physiques ! Elle s’étend explicitement aux risques psychosociaux (RPS).

En pratique, cela signifie que l’employeur doit :

  • Évaluer les risques psychosociaux au sein de son entreprise.
  • Mettre en place des actions de prévention adaptées.
  • Former et informer ses salariés sur ces risques.
  • Adapter l’organisation du travail pour limiter les sources de souffrance.

Le droit à la déconnexion : une protection de la vie personnelle

Depuis le 1er janvier 2017, le droit à la déconnexion est inscrit dans le Code du travail français. Il garantit à chaque salarié le droit de ne pas être sollicité par son employeur en dehors de ses horaires de travail. 

L’objectif est clair : préserver les temps de repos, la vie personnelle et, par extension, la santé mentale des travailleurs.

Dans les entreprises de plus de 50 salariés, un accord collectif doit être négocié pour définir les modalités de ce droit. Dans les autres entreprises, l’employeur doit au minimum informer ses collaborateurs de ces modalités via une charte interne.

La reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle

Le syndrome d’épuisement professionnel (plus connu sous le nom de burn-out) n’est pas officiellement inscrit dans les tableaux des maladies professionnelles en France. 

Cependant, il est possible de faire reconnaître un cas de burn-out comme étant d’origine professionnelle via une procédure dite « hors tableau », au cas par cas. 

Cette reconnaissance implique l’avis d’experts et le respect de critères stricts.

Pour les employeurs, cela soulève une question importante : même si le burn-out n’est pas automatiquement reconnu comme maladie professionnelle, la responsabilité de l’employeur reste engagée si les conditions de travail sont identifiées comme cause. 

Un arrêt maladie prolongé, un burn-out reconnu… Ce sont des situations qui peuvent avoir des conséquences sur l’entreprise, tant sur le plan humain que sur le plan juridique et financier.

Quelle démarche pour l’employeur ?

Face à ces obligations, la meilleure approche pour l’entreprise est de ne pas attendre qu’un problème éclate. 

La prévention des risques psychosociaux doit être intégrée dès le départ dans la politique de sécurité au travail. 

Cela passe par : 

  • Une évaluation régulière des RPS.
  • Une mise en place de dispositifs de soutien (coaching, cellules d’écoute, médecin du travail).
  • Une formation des managers à la détection des signaux d’alerte.

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Conclusion : la santé mentale au travail, c’est l’affaire de tous

La santé mentale au travail n’est pas un sujet réservé aux services RH ou aux médecins du travail. C’est une responsabilité partagée : celle des employeurs, des managers, des salariés, et de la société dans son ensemble.

En France, avec la mise en avant de la santé mentale comme grande cause nationale en 2025, les entreprises sont invitées plus que jamais à prendre ce sujet à cœur. 

Les actions en matière de prévention des risques psychosociaux, de formation des managers et de mise en place de politiques QVT ne sont plus optionnelles sont devenues essentielles pour garantir un environnement de travail sain, durable et performant.

Chaque petit geste compte : 

  • Un manager qui prend le temps d’écouter. 
  • Un collègue qui remarque qu’une situation ne va pas. 
  • Un employeur qui investit dans des moyens de soutien concrets. 

Ce sont ces actions, à tous niveaux, qui font la différence !

 

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À propos de l'auteur·rice

Clémentine Crokaert

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