Les violences au travail
Les violences qu’elles soient internes (entre collègues) ou externes (de la part de clients) représentent un risque majeur pour la santé mentale.
L’insécurité vis-à-vis de l’avenir
La peur de perdre son emploi, de voir son poste disparaître ou de faire face à une restructuration génère un état d’anxiété chronique qui use dans le temps.
Cette forme d’insécurité est particulièrement présente dans les entreprises en période de transformation.
Santé mentale au travail : quelques signaux à surveiller
Identifier les signaux d’alerte est une démarche cruciale tant pour vous que pour vos collègues. Les risques psychosociaux (RPS) ne se manifestent pas toujours de manière évidente.
Parfois, ce sont des signaux subtils qui, s’ils sont ignorés, peuvent évoluer vers une situation de mal-être sérieux ou un burn-out.
Voici les signaux principaux identifiés par le INRS et les professionnels de la médecine du travail :
- Des changements émotionnels ou comportementaux : vous (ou un collègue) devenez plus irritable, nerveux, angoissé ou au contraire vous vous repliez sur vous-même. Les pleurs, l’agressivité ou le retrait social sont des signaux qui ne doivent pas être ignorés.
- Une baisse de concentration et d’efficacité : les erreurs s’accumulent, les oublis deviennent fréquents, la difficulté à se concentrer sur une tâche devient préoccupante. Ces troubles cognitifs peuvent être les premiers signes d’un épuisement en cours.
- Des symptômes physiques répétés : maux de tête, douleurs musculaires, insomnies, palpitations… Ces problèmes de santé physique sont souvent le reflet d’une souffrance psychique non exprimée.
- Une consommation accrue de substances : le besoin de recourir à l’alcool, au tabac, au café ou à d’autres substances pour « tenir le coup » au travail est un signe d’alerte important.
- Un changement d’appétit : manger beaucoup plus ou beaucoup moins que d’habitude peut aussi indiquer que quelque chose ne va pas sur le plan mental.
Si vous observez ces signaux chez vous ou chez un collègue, la bonne démarche est de ne pas attendre.
Consultez votre médecin traitant, votre médecin du travail, ou sollicitez les ressources mise en place par votre entreprise.
À noter : certaines populations sont plus exposées que d’autres à ces risques, notamment les femmes, qui subissent souvent une charge mentale plus forte, ainsi que les jeunes actifs et les salariés en situation précaire. Dans tous les cas, n’hésitez pas à chercher du conseil auprès de professionnels compétents.
Le rôle du manager dans la santé mentale au travail
Il y a une vérité qu’on n’ose pas toujours dire dans les entreprises : quand la santé mentale au travail se dégrade, le manager est souvent au cœur du problème.
Pas forcément par mauvaise volonté mais parce qu’il est celui qui traduit la stratégie en quotidien, celui qui fixe le rythme, celui qui choisit d’écouter ou de détourner le regard.
Dans une équipe, le manager donne le ton :
- S’il est lui-même sous pression, stressé ou épuisé, ce ressenti se propage rapidement à ses collaborateurs.
- À l’inverse, un manager qui prend soin de lui, qui modélise un équilibre vie professionnelle / vie personnelle sain crée un environnement où les salariés se sentent autorisés à faire de même.
Le comportement du manager est donc un puissant facteur d’influence sur la santé mentale de toute l’équipe.
La prévention des risques psychosociaux ne relève pas uniquement des services RH ou des médecins du travail. Elle passe aussi et même surtout par les actions quotidiennes des managers :
- Écouter sans juger : lorsqu’un salarié exprime une difficulté ou un mal-être, la première réaction du manager doit être de l’accueillir sans minimiser. Une simple conversation peut déjouer une situation qui allait vers la souffrance.
- Gérer la charge de travail : un bon manager ne se limite pas à distribuer les tâches. Il surveille aussi que la charge reste réaliste, qu’aucun collaborateur ne se retrouve en situation d’épuisement sans que personne ne le remarque.
- Reconnaître les efforts : la reconnaissance n’a pas besoin d’être spectaculaire. Un retour positif après un projet bien mené, un « merci » sincère… Ce sont ces petits gestes qui maintiennent la motivation et le bien-être mental au travail.
- Créer un espace de dialogue : les problèmes de santé mentale au travail se cachent souvent dans le silence. Un manager qui organise régulièrement des entretiens informels, qui fait de la parole un espace sûr, joue un rôle préventif majeur.
- Se former pour mieux comprendre : un manager formé à la détection des signaux d’alerte liés aux risques psychosociaux sera en mesure d’intervenir plus rapidement, avant que la situation ne se dégrade.
Explorez notre offre de formation en management et leadership !
On entend parfois que « manager bienveillant » rime avec « manager gentil qui dit oui à tout ».
Idée reçue !
La bienveillance en management, c’est avant tout de la lucidité : savoir quand pousser, quand freiner, quand écouter, quand protéger. C’est un management dit « 3.0 » ! celui qui place le bien-être et la santé mentale des collaborateurs au même niveau que la performance.
Santé mentale au travail et droit du travail : ce que l’employeur doit savoir
La santé mentale au travail ne relève pas uniquement du bon sens ou de la bonne volonté. Elle est aussi une question juridique.
En France, les obligations de l’employeur en matière de santé mentale sont clairement définies par la loi. Et beaucoup d’entreprises n’en sont pas encore pleinement conscientes.
L’obligation générale de sécurité : un pilier du Code du travail
L’article L. 4121-1 du Code du travail impose à l’employeur une obligation générale de sécurité : il doit veiller à la santé physique et mentale de ses salariés et prendre les mesures nécessaires pour garantir leur sécurité.
Cette obligation ne se limite pas aux risques physiques ! Elle s’étend explicitement aux risques psychosociaux (RPS).
En pratique, cela signifie que l’employeur doit :
- Évaluer les risques psychosociaux au sein de son entreprise.
- Mettre en place des actions de prévention adaptées.
- Former et informer ses salariés sur ces risques.
- Adapter l’organisation du travail pour limiter les sources de souffrance.
Le droit à la déconnexion : une protection de la vie personnelle
Depuis le 1er janvier 2017, le droit à la déconnexion est inscrit dans le Code du travail français. Il garantit à chaque salarié le droit de ne pas être sollicité par son employeur en dehors de ses horaires de travail.
L’objectif est clair : préserver les temps de repos, la vie personnelle et, par extension, la santé mentale des travailleurs.
Dans les entreprises de plus de 50 salariés, un accord collectif doit être négocié pour définir les modalités de ce droit. Dans les autres entreprises, l’employeur doit au minimum informer ses collaborateurs de ces modalités via une charte interne.
La reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle
Le syndrome d’épuisement professionnel (plus connu sous le nom de burn-out) n’est pas officiellement inscrit dans les tableaux des maladies professionnelles en France.
Cependant, il est possible de faire reconnaître un cas de burn-out comme étant d’origine professionnelle via une procédure dite « hors tableau », au cas par cas.
Cette reconnaissance implique l’avis d’experts et le respect de critères stricts.
Pour les employeurs, cela soulève une question importante : même si le burn-out n’est pas automatiquement reconnu comme maladie professionnelle, la responsabilité de l’employeur reste engagée si les conditions de travail sont identifiées comme cause.
Un arrêt maladie prolongé, un burn-out reconnu… Ce sont des situations qui peuvent avoir des conséquences sur l’entreprise, tant sur le plan humain que sur le plan juridique et financier.
Quelle démarche pour l’employeur ?
Face à ces obligations, la meilleure approche pour l’entreprise est de ne pas attendre qu’un problème éclate.
La prévention des risques psychosociaux doit être intégrée dès le départ dans la politique de sécurité au travail.
Cela passe par :
- Une évaluation régulière des RPS.
- Une mise en place de dispositifs de soutien (coaching, cellules d’écoute, médecin du travail).
- Une formation des managers à la détection des signaux d’alerte.
Découvrez nos moyens d’accompagnement via le coaching individuel et explorez l’ensemble de nos offres de formation.
Conclusion : la santé mentale au travail, c’est l’affaire de tous
La santé mentale au travail n’est pas un sujet réservé aux services RH ou aux médecins du travail. C’est une responsabilité partagée : celle des employeurs, des managers, des salariés, et de la société dans son ensemble.
En France, avec la mise en avant de la santé mentale comme grande cause nationale en 2025, les entreprises sont invitées plus que jamais à prendre ce sujet à cœur.
Les actions en matière de prévention des risques psychosociaux, de formation des managers et de mise en place de politiques QVT ne sont plus optionnelles sont devenues essentielles pour garantir un environnement de travail sain, durable et performant.
Chaque petit geste compte :
- Un manager qui prend le temps d’écouter.
- Un collègue qui remarque qu’une situation ne va pas.
- Un employeur qui investit dans des moyens de soutien concrets.
Ce sont ces actions, à tous niveaux, qui font la différence !
Chez RH Performances, nos consultants RH accompagnent dirigeants, DRH et managers dans le renforcement de leur bien-être au travail et dans l’évolution de leurs compétences
Contactez-nous pour échanger sur vos besoins !