Qu’est-ce que la GEPP ? Définition complète
Une courte définition
La GEPP (Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels) est une démarche stratégique RH qui permet aux entreprises d’anticiper l’évolution de leurs métiers, d’identifier les compétences dont elles auront besoin et d’accompagner leurs collaborateurs dans des parcours professionnels évolutifs et sécurisés.
De la GPEC à la GEPP : une évolution qui change tout
Pour comprendre la GEPP, il faut remonter à son ancêtre : la GPEC.
- 1980s : Naissance de la GPEC. Face aux premières grandes mutations économiques et technologiques, les entreprises françaises commencent à réfléchir à la gestion prévisionnelle de leurs emplois et compétences. L’idée est simple : anticiper plutôt que subir.
- 2005 : La loi Borloo institutionnalise la GPEC. Elle devient obligatoire pour les entreprises de plus de 300 salariés, avec une négociation triennale imposée. L’outil existe, mais son approche reste statique : on planifie les compétences comme on planifierait un budget.
- 2017 : Les ordonnances Macron font pivoter le modèle. La GPEC devient GEPP. Ce changement n’est pas anodin : on passe d’une logique de “gestion prévisionnelle” à une logique de “parcours professionnels”. L’accent se déplace des compétences vers les personnes, des plans vers les trajectoires.
- 2018 : La loi Avenir professionnelle consolide la GEPP et l’inscrit dans les articles L2242-20 et suivants du Code du travail.
La différence fondamentale ? La GPEC regardait les postes et les compétences. La GEPP regarde les personnes et leurs besoins.
| Critère | GPEC | GEPP |
| Approche | Statique, prévisionnelle | Dynamique, parcours |
| Focus | Compétences et postes | Collaborateurs et trajectoires |
| Outils | Formation principalement | Formation, mobilité, reconversion, RSE |
| Vision | Court/moyen terme | Long terme et employabilité durable |
| Cadre légal | Loi Borloo 2005 | Ordonnances Macron 2017 |
3 idées reçues sur la GEPP à déconstruire maintenant
Idée reçue n°1 : “La GEPP, c’est réservé aux grandes entreprises.”
Faux. L’obligation légale concerne les entreprises de plus de 300 salariés mais la démarche est utile pour toutes les organisations, quelle que soit leur taille.
Une PME de 50 salariés qui anticipe l’évolution de ses métiers, c’est une PME qui survit aux mutations du marché.
Idée reçue n°2 : “La GEPP, c’est juste un accord à signer tous les 3 ans.”
Faux. Un accord GEPP signé et mis au tiroir ne vaut rien. La GEPP est un projet vivant, avec des étapes concrètes, des outils, des indicateurs et un suivi régulier.
C’est une démarche, pas un simple document.
Idée reçue n°3 : “La GEPP, c’est l’affaire des RH.”
Faux. La GEPP mobilise la direction, les managers, les représentants du personnel et les collaborateurs eux-mêmes.
Sans cette co-construction, elle reste théorique et inefficace.
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GEPP : que dit la loi ? Obligations légales et sanctions
Qui est concerné par l’obligation de négociation ?
Les entreprises de 300 salariés et plus sont soumises à l’obligation de négocier un accord GEPP tous les trois ans, conformément aux articles L2242-20 et suivants du Code du Travail.
Les groupes de dimension communautaire dont au moins un établissement ou une entreprise compte 150 salariés ou plus en France sont également concernés par cette obligation via le Comité d’Entreprise Européen (CEE).
Les entreprises de moins de 300 salariés ne sont pas tenues de négocier un accord GEPP mais elles ont tout intérêt à structurer une démarche similaire. Et bonne nouvelle : cette démarche peut être financée (on y revient après).
Que doit couvrir un accord GEPP ?
L’accord GEPP doit aborder plusieurs thèmes obligatoires :
- Les orientations à trois ans de la formation professionnelle dans l’entreprise.
- Les conditions dans lesquelles les salariés peuvent bénéficier d’un bilan de compétences ou réaliser un bilan de compétences.
- Les conditions de la mobilité professionnelle ou géographique interne.
- Les grandes orientations en matière de développement des compétences.
- Les modalités d’abondement du Compte Personnel de Formation (CPF).
- Les éventuels plans de restructuration anticipés.
Depuis la loi du 30 décembre 2025, l’entretien professionnel a évolué en “entretien de parcours professionnel” : il s’articule directement avec la démarche GEPP comme outil opérationnel clé.
Quelles sanctions en cas de non-respect ?
Ne pas négocier un accord GEPP dans une entreprise qui y est soumise expose à :
- Des sanctions pénales prévues à l’article L2243-2 du Code du travail (amende et risque d’emprisonnement).
- La perte d’accès à certaines aides publiques liées à la formation et à l’emploi.
- Un risque contentieux sérieux en cas de litige avec les représentants du personnel particulièrement fragilisant lors d’un PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi).
- Un affaiblissement du dialogue social qui peut générer des tensions durables dans l’organisation.
Au-delà du risque légal, l’absence de démarche GEPP fragilise structurellement la capacité de l’entreprise à naviguer dans un marché du travail qui change vite.
Pourquoi mettre en place une GEPP maintenant ?
On vous entend : vous avez d’autres urgences. Le quotidien déborde. Alors pourquoi faire de la GEPP une priorité aujourd’hui plutôt que demain ?
Trois raisons qui parlent aux décideurs.
1. Les compétences deviennent obsolètes à une vitesse inédite
L’intelligence artificielle redéfinit les métiers en profondeur. La transition écologique crée de nouveaux référentiels de compétences. Le digital transforme les modes de travail…
Sans démarche structurée pour anticiper ces évolutions, votre entreprise réagit : elle ne pilote pas. Et réagir coûte toujours plus cher qu’anticiper, en argent comme en énergie.
Les entreprises qui ont structuré leur GEPP autour de l’upskilling, reskilling et cross-skilling sont celles qui traversent les mutations sectorielles sans laisser leurs talents sur le carreau.
2. Un collaborateur sans visibilité part en silence
Le quiet quitting et le turnover ont un point commun : ils surgissent quand les collaborateurs ne voient plus d’avenir dans l’entreprise. Pas de perspectives, pas de parcours, pas de développement des compétences… Et les talents les plus précieux commencent à regarder les offres concurrentes.
La GEPP répond directement à cet enjeu : elle rend les parcours visibles, les objectifs clairs, les évolutions possibles. C’est une promesse concrète faite aux salariés !
3. Le coût de l’immobilisme dépasse largement celui de l’action
Recruter un nouveau collaborateur représente entre 6 et 9 mois de salaire brut, une fois qu’on intègre le coût du recrutement, de l’intégration, de la montée en compétences et de la perte de productivité transitoire.
Investir dans le développement des compétences en interne via un plan de formation structuré et bâtir un plan de formation performant coûtent une fraction de ce montant. Et ça fidélise en plus !
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Comment mettre en place une GEPP ? Les 5 étapes
Voici les 5 étapes concrètes pour passer de l’intention à l’action !

Étape 1 : Cartographier vos métiers et vos compétences
Avant de savoir où vous allez, vous devez savoir où vous en êtes !
Cette première étape consiste à réaliser un état des lieux précis de vos ressources humaines actuelles : quels métiers existent dans votre entreprise, quelles compétences sont disponibles et lesquelles seront nécessaires dans 3 à 5 ans ?
Les outils utiles à cette étape :
- La cartographie des métiers (qui représente les postes actuels et futurs).
- Les fiches de poste actualisées.
- L’évaluation des compétences de vos collaborateurs.
- La pyramide des âges (pour anticiper les départs en retraite).
C’est aussi le bon moment pour réaliser un diagnostic RH complet. Il vous donnera une vision 360° de vos forces et de vos angles morts.
L’erreur à éviter : travailler sur des données obsolètes. Si votre référentiel de compétences date de 5 ans, votre GEPP sera construite sur du sable…
Étape 2 : Impliquer les bonnes personnes dès le départ
La GEPP n’est jamais une affaire purement RH. Pour qu’elle fonctionne vraiment, quatre catégories d’acteurs doivent être mobilisées :
- La direction : elle porte la vision stratégique dans laquelle la GEPP s’inscrit. Son implication donne la légitimité à la démarche.
- Les managers : ils sont en première ligne pour détecter les besoins de développement, évaluer les compétences lors des entretiens et identifier les passerelles métiers. Former vos managers à l’entretien professionnel est un préalable essentiel.
- Les représentants du personnel (CSE, syndicats) : leur implication précoce sécurise la démarche pour les entreprises de plus de 300 salariés et renforce son acceptabilité sociale.
- Les collaborateurs : trop souvent informés plutôt qu’impliqués. Quand les salariés deviennent acteurs de leur propre parcours professionnel, l’adhésion à la démarche est incomparablement plus forte.
Étape 3 : Définir les parcours professionnels
Vous savez d’où vous partez (étape 1). Vous avez les bons acteurs autour de la table (étape 2). Il s’agit maintenant de dessiner les trajectoires : où peuvent aller vos collaborateurs ? Quelles passerelles existent entre les métiers ? Quels parcours de montée en compétences sont possibles ?
Cette étape est au cœur de la démarche GEPP. C’est elle qui distingue un accord GEPP vivant d’un document administratif.
Quelques ressources utiles :
- Notre article sur la mise en place la mobilité interne dans votre entreprise.
- Notre podcast sur la mobilité interne : des retours terrain concrets.


